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Êtes-vous une sorcière ?

Magie, mémoires de l’âme et héritage universel

C’est vrai que le mot sorcière fascine autant qu’il dérange. Il provoque à la fois la peur et le danger invisible, l’intuition et la guérison, le matriarcat et le patriarcat, la marginalité et le mystère, les dieux et leur pouvoir.

Pourtant, ce mot n’a jamais eu un seul sens. Il a traversé les siècles, les cultures et les systèmes religieux en changeant constamment de visage. Avant d’être diabolisée, la sorcière était souvent une détentrice de savoir : guérisseuse, herboriste, naturopathe, femme non soumise en lien avec les cycles de la nature et de la lune, intermédiaire entre le visible, l’invisible et le sacré.

Les femmes ont enfanté les civilisations, soigné les blessures, transmis les mémoires. Pourtant, pendant des millénaires, elles ont été rendues responsables de tout.

Aujourd’hui, le concept est revenu à la mode, entre les réseaux sociaux et les cercles de femmes, autour du féminin sacré. Une sororité que j’observe avec le sourire. C’est un très bon début pour se reconnecter à soi. Ces mouvements féminins peuvent aider les femmes à se retrouver, à trouver la force et la sagesse de la femme sauvage. J’espère que le phénomène continue de se développer de plus en plus chez les hommes.

La question « êtes-vous une sorcière ? » n’attend donc pas une réponse folklorique. Elle invite d’abord à comprendre ce que ce mot a recouvert dans l’histoire, puis ce qu’il signifie encore aujourd’hui. Et l’histoire a montré que ce n’est pas une question de genre, contrairement à l’image généralement véhiculée. Beaucoup d’hommes ont également été jugés pour sorcellerie.

J’ai appris que l’ignorance ne protège en aucun cas. Que la justice, selon les époques, est tout sauf juste. Voir le mal à travers le prisme des mœurs, des archétypes et des récits hérités, en y mêlant Dieu, le bien et le mal, engendre des catastrophes. Les sorcières ont souvent été persécutées et incomprises pour cette raison.

Pour autant, les personnes qui nient l’existence du monde invisible sont souvent les plus vulnérables à ses influences, précisément parce qu’elles n’ont pas développé les outils pour les reconnaître, ni les moyens pour s’en libérer et sont remplies de peurs. C’est possible d’apprendre, et je l’enseigne, même si certaines personnes ne supportent pas l’intellectualisation des concepts.

Dans les films et les séries, la plupart du temps, des personnages plutôt bienveillants prient en vain face au mal personnifié et incarné. Mais cela commence dès l’enfance avec les méchantes sorcières des Walt Disney. Cette représentation donne de la force aux mauvaises énergies et continue d’ancrer la peur dans le collectif.

Au-delà des croyances, la magie existe. Comprendre ses mécanismes, c’est se donner une carte pour naviguer lucidement dans une réalité que beaucoup préfèrent ignorer, mais que presque tous finissent un jour par rencontrer.

Dans ma pratique de thérapeute holistique, j’ai rencontré beaucoup de sorcières et de sorciers, conscients ou non de l’être. Leur âme porte des mémoires puissantes de pratiques.

La magie à travers les âges : un héritage universel

La magie s’est perdue avec le temps. Pourtant elle est intrinsèque à l’histoire de l’humanité. Bien avant les religions organisées, l’être humain cherchait déjà à entrer en dialogue avec l’invisible pour comprendre, protéger, influencer ou réparer. Ce n’était pas simplement de la superstition. C’était l’une des premières tentatives de donner du sens à ce qui dépasse les cinq sens, une façon de relier l’humain au cosmos et à la nature. Dans cette nature se trouvaient aussi les premiers médicaments, biologiques et organiques.

De l’Égypte ancienne aux cultures tribales d’Afrique, d’Amazonie ou d’Asie centrale, en passant par la Mésopotamie, toutes les civilisations ont reconnu que tout est lié, et qu’une action sur un symbole, un objet ou une intention peut résonner directement sur la personne visée. Ils s’appelaient Hekau en Égypte, prêtres-guérisseurs maîtres du Verbe sacré. Ashipu en Mésopotamie, exorcistes et décodeurs du destin. Sangoma ou Nganga en Afrique, intermédiaires entre les vivants et les ancêtres. Curandero en Amazonie, gardiens des plantes et des esprits de la forêt. Chamane en Asie centrale, voyageurs entre les mondes. Oracles, devins, sages-femmes, herboristes, druides en Europe préchrétienne. La magie ne se situait pas en dehors du monde. Elle faisait partie de la lecture normale du monde. En Europe, presque tous ont été éradiqués par la religion chrétienne.

Les dieux de ces diverses traditions n’étaient pas des figures de pure bonté. À l’image des hommes, ils étaient tantôt bienveillants, tantôt terribles, capables de guérir comme de punir, de protéger comme de détruire. Sekhmet, déesse égyptienne, répandait l’épidémie d’une main et la guérison de l’autre. Shiva détruit les mondes pour permettre leur renaissance. Kali terrifie et libère dans le même souffle. Odin dispense la sagesse mais exige le sacrifice. Zeus protège et foudroie selon son humeur. Ils sont vivants, c’est-à-dire entiers, comme la vie elle-même. Les forces qui gouvernent l’existence ne se réduisent pas à une polarité unique, et ceux qui les invoquaient le savaient : la qualité de leur vie dépend du comportement des hommes vis-à-vis des dieux.

D’abord les dieux ont créé les hommes, ensuite les hommes ont créé les dieux.

C’est au fil des siècles, et particulièrement entre le XVe et le XVIIIe siècle, que l’Inquisition a transformé ce savoir en menace mortelle. En deux cents ans de chasse aux sorcières, entre 40 000 et 60 000 personnes furent exécutées en Europe, majoritairement des femmes, brûlées ou pendues pour avoir simplement soigné, prédit ou transmis un savoir que l’Église ne contrôlait pas. En accordant parfois crédit à des témoignages d’enfants, de voisins jaloux ou à de simples paranoïas, ces institutions n’ont pas supprimé la réalité du subtil. Elles ont surtout coupé et traumatisé des générations entières de leur lien naturel avec lui. À cette époque, la torture s’arrêtait à partir du moment où vous reconnaissiez les accusations. Il y avait finalement très peu de vraies sorcières maléfiques. Mais aujourd’hui beaucoup d’entre vous bloquent leurs capacités, sans le savoir, à cause de ces blessures dans vos mémoires.

L’Église a sûrement oublié que Jésus lui-même passait une partie de son temps à guérir avec la Lumière de Dieu. Tout le monde n’est pas Jésus, et pourtant de nombreuses personnes guérissent avec la nature et le divin. Ce qui n’est pas compris ou explicable fait peur. Cette confusion prive simplement les êtres humains des outils nécessaires pour reconnaître et traverser ce qui continue d’exister.

 Magie blanche ou magie noire : une question de polarité

La distinction entre magie blanche et magie noire repose d’abord sur l’intention. La magie blanche vise la guérison, la protection, l’élévation de soi et d’autrui. La magie noire cherche à nuire, à contrôler, à prendre l’ascendant sur la volonté d’un autre être.

Mais attention : la magie noire est également capable de guérir. Dans la réalité du terrain, cette frontière est plus complexe et plus mouvante qu’il n’y paraît. Une pratique apparemment lumineuse peut être viciée par l’ego, par le besoin de pouvoir ou par des canaux et des corps énergétiques pollués. Inversement, certaines pratiques réputées sombres ne se comprennent qu’à travers la conscience de celui ou celle qui les engage. Présences lumineuses, entités de l’obscurité : il s’agit avant tout d’un point de vue personnel et culturel.

Dans ma pratique, j’ai observé un phénomène récurrent que peu de thérapeutes abordent : la plupart des personnes qui pratiquent aujourd’hui la magie blanche, le soin énergétique ou la guérison spirituelle ont été, dans d’autres vies, des praticiens de l’obscurité ou des praticiens ambivalents. Cela rend la pratique plus difficile, en orientant les canalisations vers des énergies sombres, et ce n’est pas toujours facile de faire preuve de discernement.

Ce n’est pas une condamnation. C’est une logique karmique parfaitement cohérente et très bien orchestrée par l’Univers. Avoir utilisé le côté obscur de la force pour dominer, blesser ou manipuler laisse des charges importantes, des mémoires de blessures infligées, des dettes énergétiques envers des personnes ou des lignées. Le bas astral vous retrouve toujours pour vous rappeler les avantages dont vous avez profité à travers ces actions.

Ce poids, inscrit dans le corps causal, appelle naturellement dans une vie ultérieure une expérience opposée : celle de la guérison, de la réparation, de la Lumière et de la Vie.

Et l’exorcisme dans tout ça ?
Ces thérapeutes, exorcistes pour certains, portent souvent une sensibilité particulièrement développée, une compréhension intuitive des mécanismes de l’ombre. Malheureusement, les exorcistes que j’ai rencontrés sont parfois plus chargés que leurs patients. Leur chemin n’est pas celui d’un bisounours, et encore moins s’ils sont convaincus d’être plus forts, plus intelligents que l’obscurité. L’ego est le premier allié de l’ombre. Je le dis sans détour : beaucoup de personnes du domaine spirituel se revendiquent lumineuses, mais leur parole est en dissonance profonde avec leurs actes.
 
Celui qui a connu les deux polarités, en conscience, peut choisir l’amour plutôt que la destruction. Ce positionnement est l’une des formes les plus profondes de réparation karmique. Vivre l’ombre est nécessaire pour choisir vraiment la Lumière. Pas pour la subir, pas pour s’en vanter, mais pour la traverser avec assez d’honnêteté pour comprendre ce qu’elle révèle. Cela demande des efforts réels, des sacrifices sincères, et une capacité à se regarder sans complaisance.
 
Il ne suffit pas de se revendiquer exorciste pour l’être. Cela exige un vrai travail émotionnel dans les souterrains du bas astral, une force de volonté qui va bien au-delà des mots. De la même façon, trois pierres dans la poche, un jeu de tarot et de la sauge ne font pas de vous une sorcière. La possession d’un tambour chamanique ne fait pas de vous un chaman. Vous l’êtes peut-être. Mais cela demande toujours un long chemin de conscience, une honnêteté radicale envers soi-même, et une volonté inébranlable d’alignement entre ce que vous dites et ce que vous vivez. La bienveillance et l’humilité ne s’improvisent pas !

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David Antunes – Thérapeute Holistique | Team de Lumière

Article rédigé dans une perspective thérapeutique holistique. Ne se substitue pas à un accompagnement médical ou psychologique.

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